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HISTOIRE DES FRANCOPHONES DE L’ONTARIO

Histoire

Les premiers écrits d’un peuple constitue souvent une littérature de combat. Au cours des ans, depuis la parution du Progrès d’Ottawa (20-05-1858), premier journal français en Ontario, de nombreux hebdomadaire ont témoigné de la vitalité des Franco-ontariens. Si plusieurs d’entre eux, tels L’Interprète d’Alfred (1886-1892), Le Ralliement de Clarence Creek (1895), Le Moniteur de Hawkesbury (1908-1995) et La Feuille d’Érable de Windsor (1931-1952) sont disparus, en revanche plusieurs poursuivent leur mission française en « Ontarie ». Qu’il suffise de mentionner quelques uns, tels Le Carillon de Hawkesbury (1947), Le Voyageur de Sudbury, Le Rempart de Windsor, le Nord de Hearst, le Goût de vivre de Penetanguishene, l’Express de Toronto, Le Journal de Cornwall, Le Reflet d’Embrun et l’Express d’Orléans. Plus récemment, d’autres journaux sont venus grossir la liste ou prendre la relève : mentionnons Vision de Rockland, Le Métropolitain de Toronto, Au Courant de New Liskeard , Les Nouvelles de Timmins et L’Horizon de Kapuskasing. De plus, L’Union des cultivateurs franco-ontariens a son mensuel, Agricom, les aînés franco-ontariens ont leur journal, Vivre +, tout comme plusieurs autres organismes ont le leur, sans oublier les journaux scolaires.
TFO devient finalement une entité complète et autonome,dépendante du réseau anglais. C’est une télévision éducative de toute première valeur, longtemps revendiquée par les dirigeants franco-ontariens tel Omer Deslauriers, et qui doit beaucoup à ses pionniers, du directeur Léopold Lacroix à l’animatrice Jacqueline Pelletier. Dans les décennies précédentes, l’homme d’affaires Conrad Lavigne avait un rôle prépondérant dans l’avènement des médias électroniques de langue française du Nord ontarien.

Quatre grands rapports sur la culture en Ontario français

Quatre grands rapports ont porté sur la culture et les arts en Ontario français. Ils ont été préparés respectivement par Roger Saint-Denis, Pierre Savard, Yolande Grisé et Éric Dubeau.


Roger Saint-Denis

Pierre Savard

Yolande Grisé

Éric Dubeau
En janvier 1969, le Comité franco-ontarien d’enquête culturelle dépose son rapporttitulé « La vie culturelle des Franco-Ontariens », communément appelé le Rapport Saint-Denis d’après le nom de son président Roger Saint-Denis, artiste visuel d’Ottawa et membres du conseil d’administration du Conseil des Arts de l’Ontario. Sa principale recommandation sera la création d’un Conseil franco-ontarien d’orientation culturelle, mais le gouvernement choisira plutôt de créer un Bureau franco-ontarien au sein du Conseil des arts de l’Ontario.
Deux recommandations du Rapport Saint-Denis touchaient les arts visuels :

  • Que les galeries d’art de l’Ontario fassent des efforts particuliers pour attirer chez elles la population francophone
    • a) par des programmes (conférences, cours, films, etc.) conçus en français à l’intention des Franco-Ontariens, là où leur nombre justifie pareillesitiatives;
    • b) en faisant connaître ces programmes à la population francophone par l’entremise des associations franco-ontariennes et au moyen d’une publicité bilingue; et
    • c) en embauchant des guides d’expression française pour desservir le public franco-ontarien
  • Que l’Ontario Art Gallery (Musée des beaux-arts de l’Ontario) embauche un personnel compétent de langue française, qui accompagnera les expositions et autres manifestations itinérantes dans tous les centres canadiens-français; que toute la documentation relative à ces expositions soit bilingue; et que ces expositions et autres manifestations aient lieu autant que possible dans des locaux que fréquentent les Canadiens français.

Pour de plus amples renseignements, on peut consulter Michel Bock, Jeter les bases d’une « politique franco-ontarienne » : le Comité franco-ontarien d’enquête culturelle à l’heure des grandes ruptures (1967-1970), Cahiers Charlevoix, no 9, Ottawa, La Société Charlevoix et Les Presses de l’Université d’Ottawa, 2012, p. 61-106.

Le 20 septembre 1977, le Groupe d’étude des arts dans la vie franco-ontarienne présente son rapporttitulé « Cultiver sa différence », communément appelé le Rapport Savard d’après le nom de son président Pierre Savard, directeur du Centre de recherche en civilisation canadienne-française de l’Université d’Ottawa. Les recommandations du Rapport Savard s’adressent surtout aux organismes gouvernementaux de tous les paliers et aux collèges et universités, les enjoignant de bonifier leurs programmes pour mieux promouvoir les arts franco-ontariens.
Le 12 avril 1991, le ministre de la Culture et des Communications de l’Ontario annonce la création du Groupe de travail pour une politique culturelle et lui confie le mandat d’élaborer une politique-cadre visant le soutien de la vie culturelle des francophones de l’Ontario. Présidé par Yolande Grisé, directrice du Centre de recherche en civilisation canadienne-française de l’Université d’Ottawa, le groupe publie le Rapport « Clefs en main » six mois plus tard. Après six mois d’audiences publiques, le Groupe de travail soumet un rapporttitulé RSVP! Clefs en main. Il propose des axes de développement, notamment un Bureau franco-ontarien élargi au Conseil des arts de l’Ontario et une Division franco-ontarienne au sein du ministère provincial de la Culture et des Communications, mais ces deux recommandations n’obtiennent pas de suivi concret.
Deux articles parus dans Liaison, no 65, janvier 1992, portent sur RSVP Clefs en main :

Le 15 juin 2017, l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario dévoile le Livre blanc sur les arts et la culture francophones en Ontario, préparé sous la direction d’Éric Dubeau, ancien Responsable du Secteur franco-ontarien au Conseil des arts de l’Ontario. Ce document fixe cinq objectifs aux gouvernements du Canada et de l’Ontario ainsi qu’à la communauté franco-ontarienne afin d’appuyer l’industrie artistique francophone de l’Ontario dans son développement et dans son rayonnement. Ces cinq objectifs sont :

  • Soutenir les artistes et renforcer la capacité des organismes artistiques et culturels.
  • Actualiser et étendre le réseau des lieux culturels francophones à travers la province.
  • Favoriser le rayonnement des arts, de la culture et des produits culturels franco-ontariens.
  • Faire du milieu de l’éducation un partenaire de premier plan de la vitalité culturelle de la francophonie ontarienne.
  • Pallier l’insuffisance de données sur le milieu des arts et de la culture francophones en Ontario.

On peut consulter le livre blanc au complet à : https://monassemblee.ca/wp-content/uploads/2018/01/LivreBlancAC_FR_2018-01-24.pdf

L’histoire des Franco-ontariens a longtemps marquée par de nombreux rassemblements religieux, tel que le fameux Congrès eucharistique de 1942 à Hawkesbury (100 000 fidèles) et le célèbre Congrès marial de 1948 à Ottawa (un million de pèlerins). La dimension patriotique et culturelle loge aussi à bonne enseigne. Ainsi le défilé de la Saint Jean-Baptiste fait partie des festivités de plusieurs municipalités. Dans Prescott et Russell par exemple, il attire annuellement de 5 000 à 12 000 spectateurs (on en a même dénombré 20 000) depuis des décennies. Le dernier quart de siècle a toutefois été marqué par de nouveaux événements.
Nous vousvitons à visiter le site de l’Association professionnelle de la chançon et de la musique > APCM
Théâtre Action a organisé plus de 20 festivals provinciaux de théâtre partout en Ontario et en 1996 est né le festival scolaire qui réunit annuellement plus de 300 jeunes des écoles secondaires.
Elle présente un corpus original et assez important (peut-être 2 000 oeuvres) que nous ont aidé à connaître les chercheurs, surtout René Dionne. Les Écrits de l’Ontario français, qui devraient être publiés en l’an 2000, feront état de 3 500 à 4 000 écrits de tous les genres. Plusieurs oeuvres importantes seraient à retenir, à compter des Forestiers et voyageurs (1863) de Joseph-Charles Taché jusqu’aux Chroniques du Nouvel-Ontario (1981, 1983, 1886) d’Héléne Brodeur ainsi qu’aux oeuvres de Gabrielle Poulin et de Daniel Pouliquin. Il faut particulièrement souligner la vitalité littéraire du dernier quart du 20ème siècle. En 1973, les Éditions Prise de Parole de Sudbury ouvrent la voie aux jeunes auteurs, permettant la publication de diverses formes de littérature franco-ontarienne et une plus grande diversité, par exemple que les sérieuses Éditions de l’Université d’Ottawa. Puis d’autres maisons d’éditions, telles Vermillon, l’Interligne et le Nordir, viennent cultiver le jardin littéraire. En 1999, l’Ontarie compte quelque dix éditeurs. Aujourd’hui, l’Association des auteur (e)s (AAOF) de l’Ontario veille à la diffusion et à la promotion de littérature fracno-ontarienne.

Contes et couleurs de l’Ontario français
Aquarelle de Claire Guillemette Lamirande. Photo : Roland Bourgoin. Université d’Ottawa, CRCCF, Fonds Yolande-Grisé (P240), Ph280-223.

A) LES REGROUPEMENTS

Fondé en 1975 par Louise Latrémouille et Jean-Claude Bergeron, Pro-Arts estcorporé en 1981. Il s’agit de la première expérience durable de regroupement d’artistes franco-ontariens dans le domaine des arts visuels. Ses principaux objectifs sont de démocratiser l’art en le rendant plus accessible à la population en général, de promouvoir les œuvres des créateurs d’expression française d’ici et d’ailleurs, d’éduquer le public par l’organisation de manifestations artistiques de qualité, d’encourager les organismes désireux de promouvoir les arts visuels dans leur milieu immédiat, de devenir un centre de ressources, ainsi que d’organiser et de diffuser annuellement une quarantaine d’expositions itinérantes. Pro-Arts cherche aussi à établir un réseau de galeries éducatives couvrant l’ensemble du territoire de la province. Les effectifs de son réseau passent de trois galeries en 1980 à sept en 1991 (Ottawa, Welland, Hawkesbury, Timmins, Cornwall, Rockland et North Bay). Toutefois, malgré son expansion, l’organisme est dissout en 1991.
Voici ce qui s’est passé : en septembre 1990, Pro-Arts a suspendu toutes ses activités parce ce qu’il ne recevait que des subventions ponctuelles et non de fonctionnement pour maintenir ses activités d’expositions dans les galeries éducatives des écoles secondaires de l’Ontario, ainsi que pour des expositions spéciales. Avec cette variable du financement ponctuel et l’essoufflement d’un bénévolat fidèle depuis dix ans, l’organisme n’était jamais certain de pouvoir mettre ses activités sur pied.
Cependant avec tout le travail accompli depuis une dizaine d’années, Pro-Arts avait quand même participé à l’essor du développement des arts visuels en Ontario français : développement qui le conduisait paradoxalement aussi à s’arrêter à cause d’un manque de ressource. En effet, les besoins et les attentes des artistes visuels de l’Ontario français grandissaient et Pro-Arts ne pouvait y répondre adéquatement.
Devant ces faits, Pro-arts décidait donc de prendre un temps d’arrêt et de réflexion en identifiant ce à quoi devrait ressembler le mandat d’un organisme provincial en arts visuels. Muni de grandes lignes d’une planification stratégique pour les arts visuels, Pro-Arts organisa des consultations régionales avec les artistes visuels de l’Ontario français. Ces consultations ont permis aux artistes de se rencontrer et de définir ensemble leurs besoins et leurs attentes quant aux développements de leurs disciplines artistiques.
Devant la reconnaissance de besoins communs, les artistes ont fait un premier pas : ils ont formé un comité ad hoc, composé de dix artistes, dont le mandat fut de compléter le plan de développement stratégique de l’organisme provincial conformément aux résultats des consultations régionales. De plus, le comité avait pour mission d’organiser une assemblée de fondation où les artistes visuels regroupés en délégations régionales entérineraient officiellement la fondation de l’organisme souhaité, ainsi que son plan de développement, sa structure et ses statuts et règlements.
L’assemblée de fondation s’est tenue le 16 et 17 novembre 1991: participaient à cet important événement 38 artistes délégués, représentant équitablement chacune des quatre régions identifiées de l’Ontario français, qui étaient mandatées pour voter et adopter le plan de développement ainsi que les statuts et règlements de l’organisme. Un nouvel organisme consacré aux arts visuels est donc né ; on lui donne le nom BRAVO pour le Bureau des regroupements des artistes visuels de l’Ontario.
Pour en savoir davantage :
La galerie éducative: promotion des arts visuels en Ontario français, Liaison, no 17, août 1981, pages 19-20.
https://www.erudit.org/en/journals/liaison/1981-n17-liaison1165787/43954ac.pdf
Pro-Arts, beaucoup plus que des services d’exposition, Liaison, no 48, septembre 1988, page 7.
https://www.erudit.org/fr/revues/liaison/1988-n48-liaison1172268/43030ac.pdf
Images en transit : la photographie contemporaine se porte bien en Ontario français, Liaison, no 53, septembre 1989, pages 4-5.
https://www.erudit.org/en/journals/liaison/1989-n53-liaison1171901/42587ac.pdf
Adrien Asselin et la 10e saison de Pro-Arts : des toiles où saigne à flots l’outrage à la nature, Liaison, no 54, novembre 1989, pages 8–9.
https://www.erudit.org/fr/revues/liaison/1989-n54-liaison1172416/42612ac.pdf
Pour un réseau crédible, Liaison, no 61, mars 1991, pages 30-31.
https://www.erudit.org/fr/revues/liaison/1991-n61-liaison1174745/42431ac.pdf
Collectif de diverses disciplines, Perspectives 8 est mis sur pied par des créateurs du Nord ontarien, à savoir les artistes visuels Clément Bérini (Timmins), Maurice Gaudreault (Fauquier), Normand Fortin (Kapuskasing), Gilles Davidson (Timmins), Claudette Sauriol-Bue (Timmins) et Claudette Harris (Timmins), ainsi que l’écrivain Pierre Albert (Fauquier) et le chanteur Claude Butch Bouchard (Moonbeam). En 1989, Laurent Vaillancourt (Hearst) remplace Gilles Davidson; en 1990, Colette Jacques (Larder Lake) se joint au groupe alors que Claudette Harris et Claudette Sauriol-Bue se retirent.
Le collectif tient divers happenings en région et lors d’événements provinciaux. Sesterventions ont lieu, entre autres, dans des centres d’achats à Kapuskasing et Hearst, à la mine Virginia Town, au moulin à scie de Kapuskasing, à Contact ontarois ainsi qu’au Théâtre du Nouvel-Ontario à Sudbury. En septembre 1990, Perspectives 8 effectue un voyage au Québec dans le cadre d’un échange entre le Centre culturel Louis-Hémon de Chapleau et le Musée de la littérature de Péribonka, au Lac Saint-Jean. Après la mort de Clément Bérini (1996) et de Maurice Gaudreault (2000), les activités de Perspectives 8 prennent graduellement fin.
Voir Perspective 8 en sol mineur, Liaison, no 63, septembre 1991, page 7.
https://www.erudit.org/fr/revues/liaison/1991-n63-liaison1175411/42462ac.pdf
Depuis novembre 1991, le Bureau des regroupements des artistes visuels de l’Ontario (BRAVO) est un organisme à but non lucratif au service des artistes de l’Ontario français et voit à leur développement ainsi qu’à la défense de leurstérêts collectifs. BRAVO organise des activités répondant à des besoins de représentation, de formation, de promotion et d’appui à la diffusion des arts visuels. Il vise la dynamisation des arts visuels et médiatiques, des métiers d’art en Ontario et ailleurs. Il encourage et met sur pied des réseaux de communications qui favorisent l’interaction entre les artistes de l’Ontario.
BRAVO astitutionalisé Le Labo de Toronto (2006), le Centre d’artiste Voix Visuelle d’Ottawa (2006), le Musée des arts visuels de l’Ontario français (2002), la toute première Nuit Blanche Ottawa (2012) et le concours d’art pour la jeunesse franco-ontarienne « De l’œuvre à l’expo » (2007). BRAVO, c’est 130 membres qui pratiquent les arts visuels dits professionnels et qui sont répartis en quatre bureaux régionaux : BRAVO-Est, BRAVO -Centre, BRAVO -Sud et BRAVO -Nord.
L’organisme œuvre selon quatre principes : professionnalisme, ouverture,novation et engagement. BRAVO tire profit du professionnalisme de ses membres pour bâtir des partenariats, communiquer efficacement et réaliser pleinement sa mission. Son ouverture permet de comprendre l’autre, de s’intéresser à ses idées et à ses œuvres, de croire en ses capacités et d’accueillir pleinement la diversité des cultures, des disciplines artistiques et des générations. Le principe d’innovation se nourrit du courage nécessaire pour oser le changement. Cela repose sur la créativité qui sert à repousser les limites et s’inscrit dans une vision à long terme etnovatrice. Enfin, l’engagement est une valeur fondatrice qui s’exprime par l’implication des membres au sein de regroupements régionaux, la participation à de nombreux projets etitiatives, et le souci profond de répondre aux besoins et attentes de la membriété.
Fondée en 1995 par un collectif d’artistes du nord de l’Ontario, la Galerie du Nouvel-Ontario (GNO) fut le premier centre d’artistes francophone de la province. Dès son départ, elle répond au désir de mettre sur pied un lieu de rencontre et de création au service de l’art actuel et de la communauté. La GNO consacre d’abord ses énergies à l’organisation d’événements artistiques voués à rassembler les artistes professionnels et à promouvoir la création locale. Par l’accomplissement de ses multiples projets et grâce à son établissement au cœur du centre-ville de Sudbury, où elle a pignon sur rue depuis 1996, la GNO est parvenue à s’enraciner au cœur de la communauté sudburoise, tout en attirant des artistes et des visiteurs venus de l’extérieur de la région.
Parallèlement à sa programmation riche et variée d’expositions, la GNO entreprend depuis ses tout débuts des projets hors les murs qui lui permettent d’investir l’espace public et d’entrer en contact direct avec les citoyennes et les citoyens de Sudbury. Elle s’engage également dans des projets à portée provinciale, puis nationale en tissant des liens avec d’autres centres d’artistes canadiens, notamment au Québec et au Nouveau-Brunswick.
À la lumière des projets qui l’ont définie depuis ses débuts, la GNO consacre sa programmation à un registre de pratiques et d’expositions où la recherche et l’expérimentation tiennent un rôle de premier plan. Elle fait également valoir son positionnement géographique ex-centrique comme une de ses forces principales qui lui permet d’évoluer en marge des grands centres et d’une certaine normalisation de l’art en vue de préserver son caractère novateur et audacieux.
La Galerie du Nouvel-Ontario à Sudbury, Liaison, no 133, automne 2006, pages 24-25.
https://www.erudit.org/fr/revues/liaison/2006-n133-liaison1089255/40867ac/
Crée en 2003 par de membres de BRAVO-Sud avec l’appui de BRAVO, puiscorporé en 2006, Le Laboratoire d’art (Le Labo) est un centre d’arts médiatiques francophone de Toronto, qui a le privilège d’être à la fois membre de la communauté artistique et de la communauté d’expression française. Les objectifs du Labo sont de soutenir l’incubation, l’innovation, la création et la production en arts médiatiques, ainsi que de promouvoir la collaboration et la diffusion. En plus de l’accès à un studio et à un équipement professionnel, sa programmation comprend des résidences, expositions,stallations, ainsi que des ateliers et conférences. Le Labo cherche à collaborer avec des complices actifs dans d’autres disciplines et s’engage à créer un dialogue entre les artistes et le public afin de faciliter l’accès du public aux enjeux de la création artistique contemporaine. Son programme de mentorat permet chaque année à un artiste de la relève de réaliser un projet en collaboration avec un artiste établi sur un thème spécifique.
Le Labo a trouvé sa maison… dans un labyrinthe, L’Express, Toronto, le 11 décembre 2017.
https://l-express.ca/le-labo-toronto-locaux/
Fondé en 2007, Voix Visuelle est un centre d’artistes autogéré francophone situé à Ottawa. Son mandat est à la fois artistique et éducatif. Appuyé par le Bureau des regroupements des artistes visuels de l’Ontario (BRAVO), Voix Visuelle a commencé ses premières activités sous le nom de Lieu de diffusion BRAVO-Est en septembre 2005. En vue de dynamiser la collectivité artistique, Voix Visuelle encourage les mutations et les diversesteractions propices au travail de création et en particulier les processus d’innovation en art numérique. En plus de créer des liens parmi les artistes francophones et une synergie autour de projets de création et de formation en art visuel actuel, ce lieu permet un échange avec d’autres galeries et centres d’artistes en province et à travers le pays. La programmation privilégie les arts numériques afin d’instaurer un dialogue entre les artistes, leur communauté d’appartenance et le monde de l’art. Voix Visuelle développe aussi des formations ciblées pour les artistes, les élèves et le public, en lien avec ses expositions. Une attention particulière est accordée à l’émergence des jeunes artistes à travers des actions concertées auprès du milieu scolaire.
L’AFÉAO travaille à créer un réseau de membres faisant la promotion de la formation professionnelle auprès des enseignants du primaire et du secondaire. Pour ce faire, l’Association organise chaque année un événement, qui a lieu tour à tour dans le Nord, le Sud et l’Est de l’Ontario. C’est l’occasion de partager des textes rédigés par nos experts enseignants ou par des artistes dans le cadre d’ateliers techniques, puis d’appuyer la mise en œuvre de documents dans le curriculum de l’enseignement des arts. Enseignants spécialisés et artistes travaillent ainsi de pair pour enrichir ces rencontres, renforcer l’identité culturelle et la réussite scolaire par l’intégration de processus de littératie, de numératie et d’analyse critique et créative. De plus, l’AFÉAO chapeaute des activités pédagogiques en lien avec l’éducation artistique et organise des formations, des colloques et des conférences qui visent le développement professionnel des enseignants des arts. www.afeao.ca

B) RAPPORTS SUR LES ARTS VISUELS

En juin 1986, le Centre de recherche en civilisation canadienne-française de l’Université d’Ottawa entreprend une rechercheédite sur l’histoire des arts visuels en Ontario français. Dirigé par Yolande Grisé, ce projet vise d’abord à recueillir de façon scientifique des renseignements concernant les artistes, les œuvres, les écrits et le milieu des arts (peinture, sculpture et architecture), cela afin d’offrir un compte rendu représentatif et pertinent des arts visuels pratiqués en Ontario français d’hier à aujourd’hui, soit de 1640 à 1985.
En second lieu, le projet propose un outil d’enseignement susceptible d’éveiller chez les ados la conscience artistique et le sentiment d’appartenance, et permettant aussi au grand public de découvrir la richesse de ce patrimoine culturel du Canada français. À l’aide de textes et d’illustrations, le rapport présente un survol qui embrasse à la fois les œuvres et les artistes francophones qui ont marqué de façon décisive l’histoire des arts plastiques en Ontario français. À cette synthèse, s’ajoutent des textes contemporains, des témoignages d’artistes et d’autres sources qui exploreront les lieux de création, les lieux d’exposition, les lieux de formation et l’aide aux artistes.
Voir onglet « Centre de documentation » : Yolande Grisé, assistée de Lucie Pineau, Les Arts visuels en Ontario français, Toronto, ministère de l’Éducation, Imprimeur de la reine pour l’Ontario, 1990, 178 pages.

Les arts visuels en Ontario français : un nouveau projet sur la culture ontaroise, Liaison, no 41, hiver 1986, pages 37-38.
https://www.erudit.org/fr/revues/liaison/1986-n41-liaison1173865/43470ac.pdf
De septembre 2000 à juin 2001, à la demande du Conseil des Arts du Canada et du ministère du Patrimoine canadien, Rachel Gauvin et Marc Haentjens ont mené l’Étude sur les arts visuels dans les communautés francophones vivant en milieu minoritaire. Leur rapport a été déposé en septembre 2001.
L’étude avait plusieurs objectifs : dresser un portrait des artistes francophones vivant en milieu minoritaire ; documenter les conditions dans lesquelles ils mènent leur pratique artistique, tout en établissant certains points de comparaison avec des milieux majoritaires (au Québec et au Canada anglais) ; enfin, tirer de ces observations certaines conclusions quant aux besoins propres des artistes francophones vivant en milieu minoritaire et aux moyens qui pourraient être imaginés pour y répondre. Le présent rapport rend compte de ces différents points à travers cinq grandes sections.
La première section présente le profil des artistes francophones vivant en milieu minoritaire; la deuxième section décrit leur milieu et brosse un portrait de l’environnement dans lequel œuvrent ces artistes; la troisième section est une étude comparative avec quelques milieux majoritaires, québécois et anglophones; la quatrième section cerne les besoins des artistes francophones (occasions de regroupement, accès aux lieux d’exposition, possibilités de commercialisation, occasions de visibilité et d’échanges, structure de représentation); enfin, la cinquième section offre des pistes d’action et articule des propositions autour de cinq axes :

  1. Favoriser la mise en place de structures francophones dans les principaux centres d’activités artistiques.
    2. Multiplier les occasions de réseautage avec d’autres structures ou réseaux existants.
    3. Soutenir des expériences originales de commercialisation.
    4. Encourager le développement d’outils et d’occasions de visibilité.
    5. Établir (ou aménager) des programmes d’aide pouvant répondre aux besoins spécifiques des milieux canadiens-français.

Le rapport et ses annexes sont disponibles à :
VisualArtsStudy_FR.pdf (rapport)
VisualArtsStudyAppendix_FR.pdf (annexes)

Le site www.passeurculturel.ca accompagne la personne, l’élève, l’enfant ou l’adulte, dans la construction de son identité culturelle en créant des occasions signifiantes de découverte et d’expression de la culture francophone tout en étant ouvert sur les autres cultures. Ilclut un volet « arts visuels » et présente une trousse qui se veut un outilcontournable pour les directions d’école et le personnel professionnel de la petite enfance, renforçant ainsi une attitude éducative qui soutient toutes les disciplines et activités. La Trousse du passeur culturel présente une vision, des outils et des ressources visant à enrichir l’environnement culturel et artistique des écoles et des services à la petite enfance francophones.
http://www.passeurculturel.ca/index.cfm?Voir=sections&Id=7028&M=2342&Repertoire_No=2137988614
Quelques articles sur les arts visuels :
Pour une médiologie de l’art visuel franco-ontarien, Liaison, no 64, novembre 1991, pages 27-31. https://www.erudit.org/fr/revues/liaison/1991-n64-liaison1175760/42494ac.pdf
Petit lexique d’une grande discipline ou les Arts visuels en Ontario français de A à Z, Liaison, no 64, novembre 1991, pages 23–26.
https://www.erudit.org/fr/revues/liaison/1991-n64-liaison1175760/42493ac.pdf
Sylvio Gagnon, un artiste sur la route, Liaison, no 115, été 2002, pages 6-7.
https://www.erudit.org/fr/revues/liaison/2002-n115-liaison1136739/41141ac.pdf
Désir d’espace : les collages illustratifs d’Andrée Christensen, Liaison, no 145, automne 2009, pages 22-24.
https://www.erudit.org/fr/revues/liaison/2009-n145-liaison1086463/40838ac.pdf